Images & Documents du Revest-les-Eaux

Des photos sur des cartes
Un inventaire collaboratif illustré et géolocalisé du patrimoine de notre commune

Rien de tel qu'un peu de pluie pour se sentir immédiatement en phase avec le thème. Et il faut bien éprouver de temps en temps capuches, bonnets et parapluies, le temps d'une balade...


Ce sont donc vingt-et-un curieux, faisant fi de la fraîcheur et de l'humidité ambiante, qui étaient présents ce samedi 24 février 2018, guidés par M. Robert Durand, président de l'association Les amis du Coudon, pour remonter le parcours de l'eau, des fontaines du centre de La Valette jusqu'à la source protégée de ses eaux (la Maïre des eaux : prononcer maère, c'est la mère des eaux, avec une diphtongue pour le aè).


De la place Charles de Gaulle devant la Mairie, passant par le dédale des ruelles anciennes du cœur de La Valette, la rue de l'Horloge, nous avons fait un premier arrêt au pied du castrum qui jouxte le clocher de l'église Saint Jean, longeant les vestiges des remparts du village d'origine. Puis nous avons entamé, depuis la place de la Convention, le parcours de l'eau proprement dit, dont voici les jalons.




- la fontaine de la place, construite initialement en 1561, dite alors de la Gourguette, reconstruite en 1858 en pierres de Tourris, accolée à un lavoir aujourd'hui disparu, appelée Fontaine Sainte Cécile ou Font Crousade car elle était surmontée d’une croix




- le Pont Sainte Cécile, datant du XVème siècle, surplombe la cascade du ruisseau qui reçoit les eaux du Valat vieux et de la foux (source) lesquelles disparaissent ensuite sous l'avenue Sainte Cécile




- Le Chemin des Arrosants qui longe les anciens domaines et jardins qui produisaient violettes, fraises, cresson, ou encore du chanvre, du riz (à l'emplacement actuel du Casino) et même du coton, alimentés en eau par un système encore existant de prises d'eau, martelières, canaux, conduit par le meneur d'eau ou menadour du syndicat des arrosants.
On y trouve tout du long du maceron, des capillaires de Montpellier et de l'héliotrope d'hiver dont les feuilles servaient à emballer et orner les bouquets de violettes.


-la Serve des Icards, bassin de réserve impressionnant par sa taille, qui alimentait en particulier un moulin à farine en contrebas. Les canaux d'alimentation, de desserte, les contreforts et le bassin qui atteint 3,50m de profondeur, entretenus rigoureusement tout le temps de leur exploitation, ont été restaurés par Les amis du Coudon



- la Fontaine Jeanne, charmante mais malheureusement privée d'eau, aurait été offerte par la reine Jeanne au XIVeme siècle pour servir d'abreuvoir aux animaux en transhumance.



- le Valat vieux, dont le lit creusé indique qu'il fut un torrent tumultueux, côtoyé en longeant le jardin remarquable de Beaudouvin par l'est, jusqu'au canal à ciel ouvert qui provient directement de la source  

- la Maïre des eaux, abritée par un caveau datant de 1612, réaménagé entre 1629 et 1633. Cette résurgence donne toujours de l'eau, été comme hiver et le niveau monte très rapidement en cas de fortes pluies. La température y est agréable un jour comme ce jour-ci (7° à l'extérieur) et reste fraîche durant les grandes chaleurs. L'eau proviendrait d'infiltration de l'eau de pluie venant du Coudon et peut-être également de la plaine des Selves. Des études ont été menées par Philippe Maurel, notre ami spélé-eau-logue, par coloration, pour en rechercher l'origine précise, mais sans succès.

Le débit de l'eau était mesuré par un déversoir triangulaire à faible paroi (photo avec Robert Durand), installé vraisemblablement en permanence au début du canal. La règle visible sur l'angle gauche devait donner directement le nombre de centimètres, qui, par calcul, permettait d'indiquer le débit (recours au théorème de Thalès, Un document explicatif sur les mesures de l'eau est en cours de réalisation).


- le Ruisseau chantant, sur le chemin du retour, sentier qui borde le domaine de Beaudouvin côté ouest, animé par l'eau de surverse du bassin du jardin, nommé ainsi en raison des murmures plus ou moins aigus émis par de petites cascades de hauteur variable et par les chants des oiseaux qui peuplent les lieux. Par manque d'eau, consommée goulûment par les plantations du domaine voisin, le ruisseau a perdu malheureusement son eau musicienne, les oiseaux l'ont délaissé, dissipant ainsi le charme de son ambiance sonore poétique.
 


Retrouvez ces étapes sur le tracé de Patrick et la plaquette éditée par la Mairie de La Valette.

En savoir plus sur La Valette - Le parcours des fontaines


 

Tous nos remerciements à Robert Durand pour nous avoir fait découvrir des histoires et des lieux que nous côtoyons sans les connaître, pour l'abondance et la richesse de ses indications captivantes, et pour sa disponibilité imperturbable.

Merci à Alain Rochaix pour ses recherches expertes concernant l'instrument de mesure et le calcul du débit de l'eau.

 

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