Un inventaire collaboratif illustré et géolocalisé du patrimoine de notre village
Du haut de la tour
 

Du Revest aux Pomets avec Rémy Vidal

15 décembre 2019.

Retrouver dans notre décor d'aujourd'hui celui croqué par Rémy Vidal en 1870, c'est notre défi du jour ! Départ de la Mairie du Revest par l'avenue de Lattre de Tassigny et ses sources, pour surplomber le village avant de plonger par le chemin Notre-Dame pour rejoindre le bas de Malvallon. Au passage, nous avons le temps de disserter sur les mystères de la géologie et la formation du gisement de sable, basculé à la verticale suite à des mouvements complexes de différentes strates de roches plus ou moins anciennes. Au bas du chemin se trouve une trémie, témoin d'une exploitation du sable au siècle dernier.

Le soleil est de la partie et la montée du chemin de Fontanieu donne un coup de chaud aux plus frileux. Nous laissons de côté la chapelle copte que nous visiterons une autre fois, récupérons une brebis paresseuse se prélassant devant son portail, avant de nous hisser vers les hauts de Fontanieu et de traverser par une voie communale le vaste domaine des Marlets, acquis par la famille Higgons - des Écossais que les Revestois qualifient d'Anglais -, après la 2ème guerre mondiale, qui tentèrent d'y créer un vignoble dans les années 1960. Le vin de ce domaine n'ayant jamais reçu d'appelation contrôlée, son exploitation fut abandonnée, mais il en reste des pieds de vigne par ci par là, qui donnent quelques grappes tentantes à la fin de l'été, au bout de longues lianes grimpées aux arbres.

Du portail du domaine où l'on devine déjà le hameau en contrebas, sur le versant opposé du vallon qui sépare le Mont Caume du Baou de Quatre Oures, le chemin des Pomets au Revest nous mène jusqu'au Pont des Marlets, traversant un paysage bucolique souligné de restanques, typiquement méditerranéen, parsemé de maisons autrefois cabanons de campagnes et malheureusement, comme bien trop souvent aujourd'hui, enlaidi de déchets entassés sauvagement sur les bas-côtés. Le point de vue choisi par Rémy Vidal pour dessiner l'arche naturelle qui enjambe le Val d'Aigon, ruisseau rarement alimenté descendu du Mont Caume, est difficile à retrouver et fait apparaître quelques libertés de l'artiste prises avec la réalité du décor.

Le hameau des Pomets, méconnu de bon nombre, enchante les visiteurs avec son allure de village miniature à l'écart du bruit et de l'animation de la grande ville pourtant si proche ; il tient son nom d'une famille qui s'y installa au XIVeme siècle. La petite place accueillante de la chapelle Notre-Dame de Bon-Repos (construite en 1639) et sa fontaine-lavoir d'eau potable nous offrent l'occasion d'une pause revigorante au soleil doux des prémices de l'hiver. La vasque de fontaine en forme de coquille, dessinée par R. Vidal sur une placette située un peu plus haut dans le hameau, se trouve déposée sur le parvis de la chapelle de nos jours.

Le tour des quelques rues nous laisse découvrir les hautes maisons de village presque toutes rénovées depuis une vingtaine d'années, enjolivées de jardinets parfois minuscules méticuleusement entretenus, couverts de fleurs au printemps.

Nous reprenons le chemin de l'aller en empruntant le Pont des Marlets, dont la baume servit d'abri durant la 2eme guerre mondiale, comme l'illustre la photo prise le 22 août 1944 au lendemain de la libération du Revest et de l'explosion de la Poudrière. Le retour par le GR51 nous ramène en amont du village, le long de la conduite qui alimente en eau une partie de la commune, bordé de restanques, passant au-dessus des anciennes carrières de Malvallon, à proximité de l'oratoire Saint-Eloi ; celui-ci, rénové en 1964, de forme cylindrique, est un des plus anciens du Var et ferait peut-être partie d'un chemin de procession menant à Notre-Dame de Pielun sur la colline de Costebelle. D'ici, il est aisé de repérer les grottes préhistoriques des Laurons sur la face Sud-Est du Mont Caume.

La source Charlois, que nous laissons sur le côté gauche, est à sec malgré les nombreuses pluies récentes. Il semble que son émergence se soit déplacée il y a peu, la source au point du captage s'étant tarie. Autrefois, cette eau " se précipitait en cascatelles dans le Malvallon, entre une carrière de marbre et une carrière de sable. Entre celles-ci et l'ancien chemin de Signes, les bergers rassemblaient jadis les troupeaux pour la transhumance. " *

La descente, par les anciens chemins d'usage du Haut et du Bas Ray**  qui ne sont plus guère entretenus, envahis de cannes, nous fait suivre le cheminement de l'eau qui baigne généreusement le quartier des Arrosants, avant de rejoindre le centre du village et l'église Saint-Christophe ; les lithographies de Rémy Vidal, confrontées à notre perception du paysage et l'environnement d'aujourd'hui, mettent sous nos yeux en évidence les transformations du décor de ces 150 dernières années...

Nous partîmes 21 et nous vîmes 22... en arrivant au village, après avoir parcouru environ 9 kilomètres et gravi 280 mètres de dénivelé.

Marie-Hélène

* Extrait de Promenade aux alentours du village et du Revest, Office du Tourisme du Revest, 1967-2016, une des sources de cet article

** Ray : filet d'eau courant, écoulement

 

 

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