Un inventaire collaboratif illustré et géolocalisé du patrimoine de notre village
Du haut de la tour
 

Pierre sèche et débroussaillage aux Olivières

     Nous nous l'étions promis le 15 décembre 2018 lors de la première édition, nous y sommes donc retournés ce dimanche 9 février 2020, avec d'autant plus d'enthousiasme que s'y étaient joints nos compagnons muraillers.

Au rendez-vous fixé à 9h, à l'entrée du terrain militaire à Tourris, l'arrivée se fait au compte-gouttes par un temps plutôt incertain mais une atmosphère franchement humide. Contrairement à la première fois, nous irons jusqu'aux Olivières à pied, histoire de se dégourdir les jambes avant la conférence sur la pierre sèche d'Albert Porri.

Très vite, les premiers arrivés sautillent sur place pour éviter de se refroidir, ce qui décide soudainement Katryne, passablement frigorifiée, à lancer l'expédition sans tarder, suivie comme un seul homme par une troupe pressée de se réchauffer. Le groupe s'élance à la suite de notre guide improvisée, sûre de son fait et de son sens de l'orientation ; d'ailleurs, bon nombre sont déjà des habitués des lieux... Je reste donc à attendre les derniers arrivants et notre petit groupe de quatre se met enfin en marche un quart d'heure plus tard.

      Emportés par la fougue de leur guide incontestée qui mène son troupeau discipliné à belle allure, nos marcheurs d'avant-garde tiennent le cap sur la piste, passant outre drailles de côté et croisements, négligeant balises et indications, jusqu'à se retrouver avec surprise à la grotte de sable, bien au-delà du parcours envisagé. Un demi-tour honteux et confus n'étant pas envisageable, ni une, ni deux, le groupe s'enfonce dans la végétation pour ouvrir une  nouvelle voie transversale en direction du hameau des Olivières. Quelques dizaines de restanques dévalées plus tard, avec chacun son lot d'égratignures et un catalogue de jurons bien étoffé, nos explorateurs débouchent enfin sur notre chemin confortable pour une jonction improbable peu avant l'arrivée aux Olivères.

      Rien de tel qu'une pause conséquente café-thé-croissants sous le chêne remarquable pour se remettre de ces émotions, retrouver sur place des participants déjà à pied d'œuvre, faire une visite expresse pour ceux qui découvrent les lieux, et reconnecter nos neurones avant la conférence au cœur du hameau (Voir album Albert Porri raconte son métier).

    Une bonne heure et demie plus tard, après que certains nous aient quittés pour reprendre le chemin du retour, nous décidons d'attaquer le repas sous un soleil hésitant, assis au bord des sambles et crevasses qui lézardent le lapiaz bordant les Olivières, en contrebas.

Il nous faut de l'énergie pour la suite, et nous en dépenserons sans compter quelques heures durant, pour mettre au jour deux nouvelles maisons, dégager et réassembler les pièces du four à pain ou four banal, ouvrir l'espace autour du grand chêne pour réhabiliter ce qui devait être autrefois une petite place. Nous aurons pu évoquer ce faisant l'histoire de ce hameau et de ses habitants et tenter de retrouver, plans cadastraux à l'appui, les parcelles, leur fonction ou usage, le nom des familles habitant chaque maison...

Merci encore à  Andrée, Annick, Bruno, Emmanuel, Eric, Ghislaine, Hervé, Jean, José, Katryne, Marie-Claude, Patricia, Philippe, Pierre,  réparateurs clandestins du patrimoine oublié.

Marie-Hélène

Retrouvez dans les Carnets l'histoire du hameau des Olivières

Albert Porri, murailler, raconte son métier

Albert Porri, murailler, raconte son métier


Ce dimanche 9 février 2020, Albert Porri et ses compagnons muraillers Olivier, Corinne et Emmanuel, sont venus nous faire découvrir leurs connaissances et savoir-faire sur les murs en pierre sèche.

Assis sur les marches du bel escalier tournant d'une des maisons Meiffret aux Olivières, nous nous sommes régalés d'histoire et de technique, généreusement dispensées par Albert et Olivier, qui ont répondu sans faillir à de très nombreuses questions. En voici quelques bribes notées rapidement.

Histoire

    On retrouve les traces de cultures en restanques il y a 5000 ans dans les Pyrénées. Ce sont les Piémontais - et non les bagnards - qui ont contribué à construire les milliers de kilomètres de restanques présentes dans le Var. Ils étaient puisatiers-muraillers et proposaient dans un premier temps de rechercher de l'eau ; s'ils la trouvaient , ils se voyaient confier en contrepartie la construction des maisons et murs de restanques.  L'âge d'or du bâti en pierre sèche se situe au XIXe siècle, après la Révolution ; la politique agricole des révolutionnaires était d'attribuer la propriété de terres à ceux qui les cultivaient et, pour éviter les famines, d'exploiter la moindre parcelle, même celles qui ne l'avaient jamais été, en haut des collines, ou sur des pentes abruptes, d'où la nécessité des restanques, qui n'étaient pas, auparavant, une spécialité provençale. Le Var est ainsi devenu le premier département oléicole, culture associée à celles de la vigne et des fleurs.

Les restanques ont été abandonnées après la deuxième guerre mondiale, avec la mécanisation et un profond changement des pratiques agricoles. 

Technique

    Ce savoir-faire délaissé est sorti de l'oubli il y a une vingtaine d'années avec quelques muraillers dans les Cévennes. Il fait depuis l'objet d'un diplôme d'état, en tant que métier rare, métier d'art, savoir-faire reconnu en 2018 par l'UNESCO comme faisant partie du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Il existe désormais un Guide des bonnes pratiques de construction des murs en pierre sèche qui comporte 144 abaques (calculs de dimensionnement des ouvrages) pour différents types géologiques de pierre.

    Cinq paramètres entrent en considération pour la réalisation d'un "bel" ouvrage : la nature de la pierre, la hauteur du mur, son fruit (angle d'inclinaison par rapport à la verticale - on parle communément d'un pourcentage de fruit de 15 à 20%), la nature du talus et son orientation.

    Les murs de restanques en pierre sèche constituent un barrage à l'érosion, créent des bassins de rétention et favorisent la biodiversité ; l'espace entre les pierres devient lieu d'implantation, de nidification ou d'abri pour de nombreuses espèces de la flore et de la petite faune locales.

Enjeux

   Des comparatifs environnementaux et économiques ont été réalisés entre le béton, les gabions (pierres empilées dans du grillage), les murs en pierre sèche : le béton a une durée de vie de 70 ans seulement, les gabions présentent un coût économique important, les murs en pierre sèche ont une durée d'existence infinie pour peu qu'ils soient entretenus dans le temps (pour exemple de réalisation, la route historique du Faron est montée sur des murs en pierre sèche).

    La protection des milieux, des populations, la prévention des risques de ruissellement, d'inondation sont des préoccupations politiques actuelles. La rénovation et l'entretien des murs de pierre sèche qui façonnent notre paysage et contribuent à limiter les effets dévastateurs de l'érosion pourraient revenir au premier plan.

Petit lexique de la restanque

  statos en grec traduit la stabilité, comme state en latin. Estancia veut dire écluse en provençal, estanquer signifie rester. Les  restanques suivant les régions : bancau, faïsses, faysses, berjes, terrasses, planches...

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Merci encore à Albert, Olivier, Corinne et Emmanuel pour leur disponibilité et leur gentillesse.

Vous pouvez retrouver d'autres éléments sur la pierre sèche, en particulier le Memento de Claire Cornu présenté au Conseil de l'Europe en 2019 et les ressources documentaires de la  Fédération Française des Professionnels de la Pierre Sèche ici

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