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Du haut de la tour
 

Espèce de vieille perruche bavarde !

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Tintinophilie



Les Bijoux de la Castafiore est le vingt-et-unième album des Aventures de Tintin. L’histoire a été prépubliée dans Le Journal de Tintin du 4 juillet 1961 au 13 septembre 1962, puis publiée en album par les éditions Casterman en 1963.




« Vas-tu la boucler, oui ou non, espèce de vieille perruche bavarde !...» dit Haddock au perroquet qui répète «  Allô-ô-ô-ô, j'écou-ou-te! »




Petite analyse de la locution



Le concept « espèce »



Selon Wikipedia et la plupart des dictionnaires, le concept d'espèce vient du latin « species », « type » ou « apparence ».  C'est globalement une notion qui permet d'identifier, de distinguer, de différencier,  de rassembler, les êtres vivants, d'après des caractéristiques de ressemblances structurales, biologiques, physiologiques, morphologiques.  « Espèce de » est une locution qui précède toujours un substantif masculin ou féminin. Son emploi est souvent péjoratif, voire injurieux, notamment lorsque l'expression est suivie d'une insulte comme « espèce de **** ».



Le substantif « vieille »



« Vieille » est la substantivation de la forme féminine de l’adjectif vieux.

Le mot « vieux » a son origine dans le latin « vetus » qui a donné « vétuste » qui signifie « détérioré par le temps, usé ou dégradé ». Certains anthropologues considèrent l'origine du mot « vieux » dans le terme latin « vetulus » qui veut dire « l'usure ».

Vieille, au sens de détérioré par le temps, usée, décatie, fanée, défraichie, délabrée, âgée. Avec une nuance familière, péjorative ou condescendante, cela peut-être autant un terme d'amitié que de moquerie ou vulgarité.

En savoir plus sur https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition-vieille/



Le noyau du syntagme « perruche »



De l’ancien français « perrique », mot disparu vers le XVIIIe siècle, issu de l’espagnol « perico », qui signifiait « petit perroquet ». « Perruchot » était diminutif de « Perrot », lui-même diminutif de « Pierre », ayant remplacé l’ancien terme « papegai », de l’ancien français « papegail », « papegaut », issu de l’arabe « ببغاء, babaḡāʾ », apparenté à perruche.

Dans Le Conte du Papegau, roman arthurien du XVe siècle, qui relate donc les aventures du roi Arthur, celui qui porte précisément le nom de Papegai est un personnage dit - de ménestrel - avec des chansons de geste qui parlaient de pays éloignés ou qui racontaient des événements réels ou imaginaires.

Dire « perruche bavarde », c'est alors, presque, se permettre un pléonasme et/ou une métonymie.

La capacité de langage de la perruche est impressionnante. La perruche a quelque chose d'étonnant dans sa capacité à gosiller. Si elle cohabite avec d'autres oiseaux, elle ne cesse pas d'émettre dans les mêmes phrases, des gazouillis, des roucoulements, des sifflement allègres quand tout va bien, des pépiements par colère ou mécontentement, des sifflements vifs et stridents; des triolets. Devant un miroir elle parle à son image. Elle bavarde. Elle chante. Elle rit. Elle rouspète. Plus exactement elle gosille, elle donne des coups de gosier. On peut même entendre des miaulements, des portements de coups de sifflet ou de raclements de gorge, des grincements de portes, des notes de tête formant des sérénades avec des notes vives ou moelleuses, très liées, avec et sans saccades. Avec un peu d’habitude, on peut reconnaître son humeur. C'est un oiseau qui appelle avec un cri strident quand il a un problème, une inquiétude. Le cri est un peu plus grave en cas de douleur. Le piaillement, c'est quand elle est contente. Elle ne peut s'empêcher de faire tout ce bruit même pour ne rien signaler, comme quelqu'un qui ne cesse de soliloquer bruyamment. La soliloquie peut être parfois pathétique et les longs monologues de la perruche sont souvent aussi comiques que dramatiques.

Les perruches  s'approprient et imitent toutes sortes de sons. Elles ne répètent pas de mots comme les perroquets ni comme un magnétophone. Lorsqu'elles entendent des conversations humaines et des sons d'appareils domestiques et mécaniques, elles émettent des sortes de glossolalies (du grec ancien γλῶσσα / glỗssa, « langue » et λαλέω / laléô, « bavarder »). On a l'impression qu'elles  prononcent des mots inventés et  qu'elles modifient des bruits et des mots existants.

On peut tenter d'encourager une perruche à parler, mais on n'obtiendra d'elle, que diverses combinaisons de sons ressemblants à des mots humains dans une langue toutefois inintelligible. On peut toujours s'amuser à penser qu'elle a une idée de ce qu'elle raconte ou qu'elle véhicule des messages...



Citations



Nous avons traversé une cour où il y avait beaucoup de vieillard, bavardant par petits groupes. Ils se taisaient quand nous passions. Et derrière nous, les conversations reprenaient. On aurait dit un jacassement assourdi de perruches.

L'Etranger - Albert Camus

Pourquoi donc, dans un groupe de femmes bavardant comme des perruches, la conversation cesse-t-elle aussitôt qu'un monsieur s'approche ?

Georges Courteline

Le perroquet mange le maïs, et c'est la perruche qui en est accusée.

Proverbe Brésilien

Il vivait ainsi dans une entière béatitude, au milieu d’un vacarme incessant de sifflements, de roulades et de gazouillis, quelques perruches en couples amoureux sur les épaules, et un ou deux serins perchés sur son crâne.

Le nouvel itinéraire espagnol - Albert t'Serstevens,    



La jeune femme, jolie comme un cœur, et qui a eu des aventures, me paraît sotte comme une perruche

Journal intime - Henri-Frédéric Amiel



Comment tirer quelque chose de sérieux d’un monde où l’opinion est faite par des créatures charmantes, je le reconnais, mais qui ont à peu près autant de tête qu’une linotte ou une perruche verte ?

Drames philosophiques - Ernest Renan



Voix de perruche. Voix criarde. La grande rousse, qui répondait au nom d’Octavie, annonça à Patissot, avec une voix de perruche, qu’elle était très bonne fille, aimant à rigoler et adorant la campagne

Contes et nouvelles - Les dimanches d’un bourgeois de Paris Guy de Maupassant - http://maupassant.free.fr/textes/dimanches.html



Femme qui parle à tort et à travers

Histoire de ma vie - Georges Sand



Elle a rien senti et ne s’est pas arrêtée de perrucher malgré mes stalactites qui déguisaient son bada en chapeau breton.

Après vous, s’il en reste, monsieur le Président

San-Antonio  ‎Frédéric Dard



Poésie



Alain HANNECART, poète contemporain.



Perruche



Dieu que les femmes sont belles mais qu’elles sont bavardes

A l’égal des perruches à l’incessant ramage

Par des rêves habités comme on l’est à leur âge

Elles passent beaucoup de temps la tête dans les nuages



Elles parlent chantent dansent et se disputent entre elles

Tout en remuant sur place en agitant les ailes

Elles se montrent fragiles et usent de leurs charmes

Pour retenir les hommes mais cachent aussi des armes



Pour se défendre bec et ongles des hommes ennuyeux

Et remettre à leur place les hommes entreprenants

L’amour qui les tourmente elles l’expriment par les yeux



Quand elle nous font de l’œil cela est délicieux

Leur regard nous captive c’est d’ailleurs étonnant

Tous ces moments précieux nous rapprochent des cieux



Perrucher



https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition-perrucher/

Le verbe perrucher signifie bavarder comme une perruche.



Langage de la marine



Dans la marine, le cacatois de perruche est une petite voile carrée qui se hisse au-dessus du perroquet de fougue, ainsi dite parce qu'elle est plus petite que le perroquet. Le mât de perruche, est le mât qui porte cette voile.



L'adjectif qualificatif épithète « bavarde »



Chez François Rabelais, dans Pantagruel,  le bavard est celui qui parle beaucoup. En argot « le bavard » est « l' avocat », « l'indiscret »; « la bavarde » c'est « la langue, la bouche ».



Une recherche etymologique sur le terme bavard, nous donne en occitant « bavars » qui est une racine arabe telle que  « baba » , qui signifiait le bavard, « la bave », qui nous a donné le dérivé « babar», « baver », et comme sens secondaire en occitan « bavuno », « babuno », « petite pluie, bruine » et au figuré « bava(r)»  « dire son secret », bavardà.



Après bavard, babard, nous trouvons babart, féminin babardo, qui signifie « orgueilleux, -se ».



D'ailleurs pour Frédéric Mistral, bavard signifie fanfaron. L’évolution sémantique de « bavarder » en « fanfaronner » ou « se moquer » ou « mentir » se trouve un peu partout dans la littérature galloromane. Le premier sens de « bavard » s'est perdu dans certains parlers.




Conclusion  : « Espèce de vieille perruche bavarde » = « Espèce de psittaciforme femelle vétuste glossolalique».




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Alain - Friday 1 May 2020 16:12

Pour écouter quelques instants la vieille perruche... !
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