Un inventaire collaboratif illustré et géolocalisé du patrimoine de notre village
Du haut de la tour
 

Le barrage

SITUATION : commune du Revest-les-Eaux, à 5 km de Toulon Toutefois, il est la propriété de la ville de Toulon.

SURFACE : 10,3 hectares

CAPACITE TOTALE : 1 100 000 mètres cubes

ALTITUDE DU DEVERSOIR : 123 m

BARRAGE : hauteur 31,60 m longueur 154,28 m

mur de retenue à section trapézoïdale

épaisseur: 4 m en crête; base: 30,36 m

DATES : La construction a commencé le 12 avril 1910; elle a été terminée en 1912 ( réception de l’ouvrage le 5 avril 1912 ) ; la date 1912 est inscrite sur le fronton du barrage. Pour servir de l’eau potable à la consommation, on a construit une usine de purification par verdunisation (eau de javel) sur la route du barrage à une centaine de mètres en aval. Elle entra en fonction le 20 novembre 1924. Actuellement, une usine ultra-moderne (ozone) fonctionne au pied même du barrage .

SITE : Le barrage a coupé une vallée verdoyante et cultivée en restanques où prenait naissance la rivière LE LAS grâce aux nombreuses sources au débit abondant. Un canal ( béal ) prenait une partie des eaux de la rivière à partir d’une petite retenue d’eau qu’on peut encore voir lorsque le barrage est vidé . Ce béal amenait son eau aux moulins construits le long de la vallée de Dardennes, permettait l’arrosage des cultures, alimentait les bassins où les bugadières lavaient le linge des Toulonnais. Un moulin dit « du Colombier  » existait sur la rive droite, près du futur barrage. Le lac qui s’est formé derrière le barrage a noyé la vallée.

Le barrage avant-après

LES SOURCES : elles sont couvertes par l’eau du lac mais elles continuent à l’alimenter ; après de très fortes pluies sur le plateau de Siou-Blanc , et ici, elles ne peuvent plus restituer rapidement toute l’eau d’infiltration qui leur arrive; aussi ce surplus est-il évacué par un gouffre qui est en liaison souterraine avec elles: c’est le RAGAS : source vauclusienne qui ne fonctionne qu’à ce moment-là. Noms des sources : Rababas, Rabas, Figuier, Foux, Petite Foux (foux en provençal signifie source) .

LE TUNNEL DU RAGAS : il a été percé avant qu’on ne pense à faire un barrage pour capter les eaux de la nappe phréatique dans le Ragas ; on peut voir les fenêtres d’accès quand le barrage est vide .

SECURITE:

a) deux déversoirs : 170 mètres cubes / seconde de capacité d’évacuation.

b) les vannes : l’usine ouvre des vannes s’il y a trop forte crue, et que le déversoir ne suffit pas à évacuer le trop-plein.

c) le canal de colature : il longe le lac sur les deux rives ; il retient les alluvions arrachés aux flancs de la colline pour qu’ils ne tombent pas dans le lac ; il évacue l’eau reçue par les déversoirs.

d) la surveillance permanente : L’ouvrage est l’objet d’une surveillance permanente par des relevés topographiques pour déceler le déplacement éventuel; la piézométrie mesure les pressions exercées par l’eau sur la paroi en amont et des cellules électriques détectent les pressions interstitielles de fuite. Enfin, tous les 10 ans le barrage est vidé ce qui permet de contrôler l’état du mur et de réparer les anomalies: la face amont est débarrassée de ses vases et les quelques dissolutions karstiques constatées sont colmatées par des injections de produits d’étanchéité.

e) la propreté : il est interdit de se baigner dans le lac .

CONSTRUCTION : Installé au débouché d’un vaste bassin karstique, perméable à l’eau, il est intelligemment positionné sur une assise marneuse imperméable . Le mur est ancré sur des rives de nature géologique différente. Rive droite, c’est un calcaire compact ; l’ancrage n’a pas posé de problèmes majeurs. Par contre , rive gauche, le terrain est un dépôt alluvionnaire formant conglomérat ( on peut voir une coupe de ce terrain quand on emprunte la route des Camps pour aller à la pinède. On a donc enterré un mur de 174,72 m de long, 2,10 de large et .......de profondeur; C’est ce qu’on appelle UN MASQUE. Il est étanche. On peut voir ses ouvertures supérieures dans une longue tranchée de la pinède. Il comporte 6 galeries superposées communiquant entre elles par 62 puits verticaux de 0,75 m de diamètre, communiquant à leur partie inférieure par une conduite en fonte de 150 mm de diamètre qui va jusqu’au puits Paul.. Le barrage prend appui sur ce masque .

MATERIAUX : La pierre de construction provient d’une carrière ouverte au fond de la vallée , rive droite. Il a fallu 450 000 M3 de pierres maçonnées .

DE L’EAU, POUR QUI ? De tout temps, l’alimentation de Toulon en eau potable a été un problème pour la municipalité toulonnaise. Elle a donc fait construire ce barrage sur des terrains revestois achetés par celui qui avait fait creuser le tunnel du Ragas. Le barrage alimente 350 000 habitants de l’aire toulonnaise, soit 7 millions de mètres cubes soutirés chaque année. La retenue de Carcès est 8 fois plus grande et fournit 12 millions de M3 .

VIE AQUATIQUE : Chaque année la Société de pêche du Gardon rempoissonne le lac en carpes, brochets. On peut aussi pêcher du gardon. Lorsqu’on vide le lac , les poissons sont capturés avec de grandes épuisettes aux endroits qui gardent toujours un peu d’eau, au pied du barrage; ils sont emmenés dans d’autres eaux : le lac de Carcès et des bassins d’oxygénation. Quand le lac est de nouveau plein, les spécialistes remettent du poisson dans le lac, pas moins de 500 kilos.

René Vernet

La vidange du barrage du 10 septembre au 7 décembre 2006

La vidange du barrage du 10 septembre au 7 décembre 2006

Tous les dix ans, la vidange du barrage permet la vérification de l’ouvrage et d’effectuer les travaux d’entretien et de modernisation des installations.


En cette année 2006, il fallait changer les trois vannes et les conduites d’évacuation des eaux.


Les mois de Septembre-Octobre étant statistiquement les moins pluvieux, les travaux furent entrepris, mais furent perturbés par trois vagues de pluies qui remplirent le barrage au tiers de sa hauteur; il fallut donc attendre à chaque fois que les résurgences se tarissent pour vider à nouveau les eaux et permettre le commencement des travaux.


Le barrage étant presque vide, la première pluie lessiva les boues accumulées sur le fond; elles recouvrirent presque entièrement l’écluse en pierres ( construite en 1700 ) pour alimenter le béal qui servait à faire tourner les moulins de la vallée de Dardennes.


A la deuxième pluie, les boues furent entraînées, par le débit intense des résurgences, au pied du barrage et dans le lit de la rivière de Dardennes.


L’écluse réapparue dans toute sa beauté avec ses pierres taillées, reliées entre elles par des étriers métalliques.


La troisième pluie arriva le 2 Décembre; alors que les derniers essais des nouvelles vannes se terminaient à la hâte, le matériel et les engins évacués hors de la cote des plus hautes eaux, le barrage se remplit en un jour et une nuit. Le village du Revest avait retrouvé son plan d’eau.


Cette période de précipitations eut l’intérêt d’observer à l’air libre les différentes résurgences telles que les Revestois les voyaient il y a plus de cent ans.


La plupart du temps les résurgences du Rabas, du Rerabas, du Figuier, de la Foux, du Platane et de la petite Foux sont sous les eaux; seules sont visibles celles du Ragas, du Pin, et du Vallat des Roux.


Ce fut un beau et exceptionnel spectacle que le jaillissement de ces eaux venues des profondeurs de la terre; on imagine leur parcours, le ruissellement des eaux sur le massif karstique de Siou-Blanc, les multiples avens les entraînant vers des rivières souterraines et vers d’immenses cavités se gorgeant d’eau jusqu’au trop plein, puis leurs réapparition à l’air libre dans un bruit de cascade.
Il fut aussi très intéressant de pouvoir observer par soi même ce que l’on a pu apprendre dans les textes ( Au fil du béal de Igor Fédoroff et Yvette Roché, Alimentation en eau potable de la commune de Toulon par André Jean Tardy, divers textes édités par les Amis du Vieux Revest.) On y voit :

 l’écluse et le béal construit en 1700  la grande porte d’accès au tunnel du Ragas construit de 1880 et1886  le batardeau et le tunnel de déviation des eaux construits en 1909 pour la construction du barrage.  des routes accédant à la source de la Foux et au moulin du Colombier.  des restanques, des escaliers, un déversoir en pierres taillées du Vallat des Roux, des ponts sur le béal, une cabane  insérée dans une restanque.  les souches des platanes que l’on retrouve sur les anciennes cartes postales du début du siècle.  l’emplacement d’un ancien verger.

On essaie de s’imaginer la vie rurale qui existait dans cette vallée du Ragas il y a plus d’un siècle.
Après avoir pris de nombreuses photos, l’idée de faire un album de photos ( il peut être consulté à l’Office de Tourisme du Revest ) et de faire une carte de la vallée du Ragas avant la construction du barrage ( elle pourra être utilisé lors de la journée du patrimoine ) m’a semblé utile à la mémoire de la commune du Revest Les Eaux.

René Vernet

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