Un inventaire collaboratif illustré et géolocalisé du patrimoine de notre village
Du haut de la tour
 

-2600 - Les Comoni ou Camatuliciens

trophee-auguste.jpg Le troisième âge à l'honneur - 9 juillet 1978ThumbnailsPause-café sur le tour du CoudonLe troisième âge à l'honneur - 9 juillet 1978ThumbnailsPause-café sur le tour du CoudonLe troisième âge à l'honneur - 9 juillet 1978ThumbnailsPause-café sur le tour du CoudonLe troisième âge à l'honneur - 9 juillet 1978ThumbnailsPause-café sur le tour du Coudon


L'histoire de notre  territoire remonte à la plus haute antiquité, avec un peuple dont la mémoire a traversé les siècles, perpétuée par l'usage de son nom précieusement conservé par la tradition orale.

De la Préhistoire à nos jours, on trouve des traces de la présence des hommes sur la commune,  remontant peut-être jusqu'au paléolithique supérieur (15 à 20 000 ans avant notre ère) en passant par le néolithique (4 000 à 2 000 ans avant notre ère) puis par les âges du bronze et du fer (2 000 ans  à 52 avant notre ère) qui ont vu se développer l'élevage, l'artisanat et l'agriculture.

Durant cette dernière période, le sol de la Provence paraît avoir été occupé par des populations connues sous le nom de Celtes (ou Galls) qui vivaient dans les plaines en petites agglomérations indépendantes et cultivaient la terre.

A la suite d'une immigration massive vraisemblablement due à des guerres de territoires, les Ligures,  repoussés d'Espagne par des populations celtes elles-mêmes chassées au sud  par d'autres peuples venus du nord, se répartirent sur tout l'arc méditerranéen du Languedoc à l'Italie et vinrent se joindre à ces populations déjà installées en Provence, se fixant dans les collines, habitant des cavernes et "vivant des produits de la chasse, de la pêche et d'une culture grossière". Ils échangeaient des métaux bruts extraits de la montagne et du corail prélevé sur les côtes contre des armes, des étoffes et des objets manufacturés avec les navigateurs de l'Orient (les Phéniciens, au XIIIe siècle avant notre ère).

On ne sait pas exactement comment ces populations de mœurs et de cultures tellement différentes fusionnèrent pour constituer les celto-ligures, composés de treize peuplades que les textes anciens de Strabon, Pline et Ptolémée (début de notre ère) permettent de situer et de dénommer.

L'une d'entre elles, les Camatuliciens, occupait alors le territoire de Toulon, du golfe de La Ciotat (Cithariste/Ceyreste) jusqu'à Olbia (St Vincent de Carqueiranne), probablement jusqu'à l'embouchure de l'Argens.

Le Louerion ou Laurion,  sur la commune du Revest, dans le quartier qui porte encore aujourd'hui le nom de Lauron, aurait constitué leur oppidum (capitale), siège du gouvernement politique et religieux de cette peuplade, à la fois refuge et place-forte, perché à plus de deux cents mètres d'altitude, alimenté généreusement en eau, sur un territoire giboyeux, dominant les gorges de Dardennes, les défilés des Favières, la plaine de Toulon et la mer encore au-delà.

Il subsiste des traces de cette implantation, dans les textes anciens qui ne sont pas toujours faciles à interpréter et à projeter sur notre environnement actuel, mais également des traces concrètes dans les trouvailles faites lors de fouilles réalisées dans les années 1940 puis 1960 dans les grottes environnantes - Mont Combe, Ripelle, Baume Fere et surtout grottes du Lauron - habitées dès la Préhistoire jusqu'aux périodes troublées en Provence du  VIIIe au Xe siècle.



On y a recueilli en particulier, datant de l'âge de fer et des périodes ligures et celto-ligures, des silex, poteries, céramiques et objets de parure.



Aujourd'hui encore, bien des incertitudes persistent sur l'origine du nom Comoni, avec un ou deux M  - Camunni, Comani, Commoni - tribu locale camatulicienne sans aucun doute, dont le nom a traversé les âges pour parvenir jusqu'à nous.



Le Quartier des Laurons, les grottes de Lauron, la route des Commoni, la Maison des Comoni, les Comoni Volants, attestent dans la langue d'aujourd'hui l'attachement à ce lointain passé, si simplement et  magnifiquement traduit dans cette phrase en provençal  que rapportait Mr Henri Durand il y a vingt-cinq ans, citant sa grand-mère :



"Ieu, pitchoun, sieu uno Comoni".

"Moi, petit, je suis une Comoni."



Marie-Hélène Taillard, 2015



Sources



Trophée d'Auguste à La Turbie, érigé entre -7 et -6 av JC. Entre deux bas-reliefs, une inscription énumère les 45 nations vaincues par l'empereur Auguste. Parmi elles, les Cammuni.

L'Habitat préhistorique du Revest et de la vallée, par J-B. Joubert

Les peuples du territoire de Toulon, par G.Lambert (1884)

Promenade historique au Revest et dans la vallée de Dardennes , les Amis du Vieux Revest (2008)

Bulletin des Amis du Vieux Revest N°11

Bulletin des Amis du Vieux Revest N°14

Bulletin des Amis du Vieux Revest N°53

Bulletin des Amis du Vieux Revest N° 67

Pour aller plus loin : sur Revestou Qui sont les Comoni du Revest ? (Charles Aude)  et  Le Revest, capitale des Comoni (Claude Chesnaud)



 


Katryne - Sunday 4 March 2018 15:41
En fouillant dans les généalogies revestoises, j'ai trouvé l'acte de naissance de Charles-Mathieu Teisseire, le Revestois garde-chasse de Port-Cros, dont nous avons rapporté la biographie par son arrière-petit-neveu Louis Giraud dans le bulletin 21 des AVR.

Charles Mathieu Teisseire est donc né le 26 août 1808 de Mathieu Teisseire et de Dame Marie Fanel son épouse, décédée le même jour de sa couche.

Or Louis Giraud fait raconter à Charles-Mathieu Teisseire les derniers mots de sa mère sur son lit de mort. A mon avis, il n'avait pas l'âge de s'en souvenir. Voilà quand même les derniers mots de Marie Fanel et vous verrez alors pourquoi c'est pertinent en commentaire ici :
"Charles-Mathieu réfléchit beaucoup et puis raconta une histoire
extraordinaire. Au moment de la mort de sa mère, la pauvre femme rassembla tous ses enfants autour d'elle et leur dit en provençal:
- < Oublidés pas que sieù uno Coumoni, marcas lou, que lou desoublidarias ! >>
(N'oubliez jamais que je suis une Cumanii, écnvez-Le, sans cela vous ne vous en souviendrez pas).
Donc en mourant cette vieille provençale, dans la pure tradition du
matriarcat ligure, avait tout simplement voulu transmettre à ses enfants le nom de leur tribu."

Les mêmes termes que Henri Durand entendit bien plus tard dans la bouche de sa grand-mère.
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